Une grande tente dans la cour du chateau. Je passais là par hasard. Je m'y arrête.
Il n'y a pas grand monde par ce beau week end ensoleillé. Comme toujours ce sont les auteurs de bande dessinée qui sont à la fête.
Je découvre Jean Baptiste Gendarme, inconnu pour moi. Un beau palmarès déjà avec plusieurs romans, dont un dernier roman dans une prestigieuse collection Gallimard, et une activité de découvreur au sein de la revue Décapages. Il est là tout seul face à sa pile de romans et a l'air de se morfondre. Je le suis au Café littéraire pour l'entendre disserter sur son nouveau roman "Un éclat minuscule". L'histoire qui se déroule sur trente minutes, d'un accident où l'épouse agonise pendant que le mari inerte, se remémore leur vie de couple. La journaliste nous dit que cette histoire est terrible et émouvante. Jean Baptiste nous explique qu'il a situé l'histoire à Alexandrie pour se débarrasser une bonne fois pour toute des voyages dont il a horreur. Je n'arrive pas à le suivre sur ce terrain là.
Le soleil flamboie sur le palais ducal. La pente herbue rededescend doucement vers la ville. Inerte.
mercredi 30 mai 2012
lundi 19 mars 2012
Salon du livre de Paris 2012
Je souris tout seul en arpentant les allées. Quel privilège que de ne pas être partie prenante de ce cirque! Juste le plaisir de vagabonder librement en zigzag.
Sulitzer et Jean Manson de concert, sur une petite tablette, gloires déchues qui ne signent que leurs personnages. Des mangas à foison. En veux tu ? En voilà. Déguisements et tout le tralala. Je fuis. L'enfant est l'avenir de l'homme, la bd celui de l'édition. Abcd. Une perle ? Une. Une petite exposition Pierre Benoit. Il était temps. Lui c'est A. A comme Antinéa. J'ai essayé de lire tout Pierre Benoit mais le territoire était trop vaste. Rayonnages. Jacquettes jaunes, jacquettes blanches. Nrf. J'aie une amie, retrouvée au hasard d'une conférence, qui porte toutes ces robes là. Et pourtant elle ne mange pas tous les jours du caviar. Sgdl.
Ma Bretagne est plus belle que ta Provence. Ton Aquitaine se corse. Je suis en couleurs. Recto verso. Les auto édités quémandent un sourire. Un éditeur, sa femme, sa fille, le grand père. La grand mère n'est plus. Le plus beau sourire du Paf fait grise mine. Les tablettes s'auto proclament belles et libres. New and improved. Elles ont le goût du métal oxydé sans l'odeur de la colle. Drm. Les étudiantes en goguette, accroche coeurs ou plus s'il y a un contrat. Signez en bas. Honni soit qui mal y pense. Les radios se répondent, dix gros micros noirs, d'autres micro trottoirs. Miroirs. Tables rondes farandoles des egos. Derrière une vitre dix apprentis apprennent à écrire le roman de leur vie. Poissons bulles dans l'aquarium des rêves. Il pleut à verse sur le hangar qui hier acceuillait le cul des vaches du salon de l'agri-culture. Je fuis. Le sandwich c'est six euros. Sans le café. Cigarette ? Oui, merci.
Les meilleurs moments sont toujours dans mon off :
- derrière les panneaux dans la partie fermée et désertée à observer, cigarette au bec, les stars qui défilent pour prendre la pose sous la lumière crue d'un photographe ( positionne mieux ta légion d'honneur coco )
- happé malgré moi dans la foule des courtisans pour me retrouver, benet bleu, bleu benet, nez à nez avec le futur président de la République qui fait sa campagne de la culture. Pire qu'un courtisan ? Pire c'est le courtisan en devenir. Celui qui voudrait bien.
- surpris à jacter du pont d'Orléans sur le stand du québec
- tenter de dialoguer avec une libraire qui ne parle que le russe
- lire un petit poème algérois
La vie si j'veux.
Sulitzer et Jean Manson de concert, sur une petite tablette, gloires déchues qui ne signent que leurs personnages. Des mangas à foison. En veux tu ? En voilà. Déguisements et tout le tralala. Je fuis. L'enfant est l'avenir de l'homme, la bd celui de l'édition. Abcd. Une perle ? Une. Une petite exposition Pierre Benoit. Il était temps. Lui c'est A. A comme Antinéa. J'ai essayé de lire tout Pierre Benoit mais le territoire était trop vaste. Rayonnages. Jacquettes jaunes, jacquettes blanches. Nrf. J'aie une amie, retrouvée au hasard d'une conférence, qui porte toutes ces robes là. Et pourtant elle ne mange pas tous les jours du caviar. Sgdl.
Ma Bretagne est plus belle que ta Provence. Ton Aquitaine se corse. Je suis en couleurs. Recto verso. Les auto édités quémandent un sourire. Un éditeur, sa femme, sa fille, le grand père. La grand mère n'est plus. Le plus beau sourire du Paf fait grise mine. Les tablettes s'auto proclament belles et libres. New and improved. Elles ont le goût du métal oxydé sans l'odeur de la colle. Drm. Les étudiantes en goguette, accroche coeurs ou plus s'il y a un contrat. Signez en bas. Honni soit qui mal y pense. Les radios se répondent, dix gros micros noirs, d'autres micro trottoirs. Miroirs. Tables rondes farandoles des egos. Derrière une vitre dix apprentis apprennent à écrire le roman de leur vie. Poissons bulles dans l'aquarium des rêves. Il pleut à verse sur le hangar qui hier acceuillait le cul des vaches du salon de l'agri-culture. Je fuis. Le sandwich c'est six euros. Sans le café. Cigarette ? Oui, merci.
Les meilleurs moments sont toujours dans mon off :
- derrière les panneaux dans la partie fermée et désertée à observer, cigarette au bec, les stars qui défilent pour prendre la pose sous la lumière crue d'un photographe ( positionne mieux ta légion d'honneur coco )
- happé malgré moi dans la foule des courtisans pour me retrouver, benet bleu, bleu benet, nez à nez avec le futur président de la République qui fait sa campagne de la culture. Pire qu'un courtisan ? Pire c'est le courtisan en devenir. Celui qui voudrait bien.
- surpris à jacter du pont d'Orléans sur le stand du québec
- tenter de dialoguer avec une libraire qui ne parle que le russe
- lire un petit poème algérois
La vie si j'veux.
samedi 13 mars 2010
Etonnnants voyageurs. Saint Malo. Du 22 au 24 mai 2010.
Le salon de la littérature monde. Pour sa proximité avec les auteurs entre deux sautes de vent. Pour boire un verre à la terrasse de l'Univers avec un photographe du bout du bout du monde. Y être.
vendredi 31 juillet 2009
Les Séditions. Karl Mengel. M@nuscrits. Editions Léo Scheer.

Intrigué je l'étais.
A plusieurs titres.
Par la collection d'abord, pour avoir suivi du coin de l'oeil la tentative louable et néanmoins séditieuse des Editions Léo Scheer d' encadrer au forceps la naissance, par césarienne, d' une littérature de l'internet. Sans vouloir entrer dans des polémiques spécieuses, Mengel s'y rattache sans aucun doute. Son livre a, en effet, été précédé de la parution sur son blog , d'extraits du roman. De plus le world wide web se prête particulièrement bien aux intrigues et aux jeux de rôles qui font le coeur du propos de Mengel. Plus encore la lecture sur le net, instantanée et rapide, s'avère propice à l'écriture de chapitres courts et à la possibilité de naviguer, sans risque d'avoir perdu la trame, d'un passage à l'autre. Et de fait dans les Séditions ce n'est pas l'histoire qui compte mais plutôt l'ambiance, le ton. On notera aussi quelques références clins d'oeil mais compréhensibles seulement des initiés. Ainsi le héros écrit, de son propre aveu, de mauvais romans, sur le net (Permaphrodite, déjà publié en ligne et sur lequel l'auteur facétieux écrit "S'agissant du Permaphrodite de Cortès, chose étrange, je n'arrive pas à décider si l'on est en présence d'une daube ou d'un coup de maître - mais la lecture, courte, en vaut de toute façon le détour !), passe son temps sur le net... et sur le blog des Editions Léo Scheer...On notera, au passage, que pour publier dans la collection M@nuscrits, il faut parler de Marilyn Manson... Condition quasi sine qua non. Que ce chanteur soit un provocateur par excellence, dont le patronyme dédoublé reflète une icone du sexe et un tueur en série, né qui plus est à Canton...dans l'Ohio, ne pouvait pas non plus laisser Mengel indifférent.
Par le sujet ensuite. Pour le monde interlope des services secrets et la fascination des jeux de doubles et de masques qui lui sont propres. Notre héros s'y fond à merveille, vendant ses services à toutes les agences de la planète, au point de ne plus savoir qui il est. Et nous non plus parfois. Il y aurait de la vengeance dans l'air mais finalement notre héros ne se venge que de lui même. Quelques références sont explicites. Celles de Tom Clancy ou de John Le Carré par exemple. Mais contrairement à ces maîtres ès espionnage, le livre ne nous propose pas une histoire, mais plutôt des flashs, des poppers hallucinés qui nous conduisent sous drogue dure de pays en pays, de services très secrets en sévices kré kré méchants. L' écriture est lettrée, même si le propos la veut orale, provocatrice, précise et documentée. On se complait à se téléporter ainsi, dans des hoquets de sang et de foutre, d'Helsinki à Tokyo en passant surtout par la grosse pomme lustrée dans ses moindres recoins. Et quand on est simplement "quelque part" on comprend inconsciemment que c'est le flou même de ce quelque part qui nous donne les clés de l'énigme. Ou peut être pas. Un exercice virtuose de précision où l'on ressent le plaisir jubilatoire de l'écrivain à écrire son roman à tiroirs. On rentre facilement dans ce jeu sans fin, même si, dans un monde réel, le héros finirait au bout de dix pages dans la chape de béton d'un barrage du Huang He, après avoir laissé trois doigts dans la poche d'un yakusa tatoué sur la fesse droite. Ici le héros, malgré tous ses efforts ne meurt pas. Il renaît constamment de lui même dans la douleur.
A suivre ces pentes savamment vaselinées il y avait deux risques. Le risque de l'exercice de style, du beau mot pour lui même, du masque trop chamarré pour ne pas être clinquant, oublieux d'une proposition de substance de synthèse. (Où l'on saura pourquoi Karl Mengel ne peut être que le fils spirituel d'Alois Hiller. Et ce que devient Darla Bruni).Le risque aussi d'être abscons avec tant de strates et de niveaux de lecture que l'on pourrait tomber dans le private joke un peu trop privé. Et si le funambule ne tombe pas de son fil c'est à la verve jubilatoire qui le guide qu'il le doit.
Trichant avec les mots, ce ne sont pas des séditions que Mengel nous propose içi. Car ici point d'incitation à la désobéissance collective mais plutôt le voyage en solitaire d'un héros dopé au yabaa ( la drogue des soldats du Reich) mû par la volonté de repousser les limites hypocrites du monde qui l'entoure dans une ronde auto destructrice. Le héros hésite entre ses pulsions sadiques et sado-masochistes. Avec une petite préférence, pas complètement assumée, pour le coté sadique de la force. Car notre héros est quand même le plus intelligent et le premier de la classe. Mais comme un enfant bridé par un père trop parfait, il va tester toujours plus loin les limites du jeu de pistes qui l'entoure.
J'ai aimé monsieur Mengel. Ou devrais je dire monsieur Hiller ?
Plutôt que "Séditions" on aurait pu intituler cet ouvrage "Qui est, tue ? ". Pulitzer quand tu nous tiens !
A plusieurs titres.
Par la collection d'abord, pour avoir suivi du coin de l'oeil la tentative louable et néanmoins séditieuse des Editions Léo Scheer d' encadrer au forceps la naissance, par césarienne, d' une littérature de l'internet. Sans vouloir entrer dans des polémiques spécieuses, Mengel s'y rattache sans aucun doute. Son livre a, en effet, été précédé de la parution sur son blog , d'extraits du roman. De plus le world wide web se prête particulièrement bien aux intrigues et aux jeux de rôles qui font le coeur du propos de Mengel. Plus encore la lecture sur le net, instantanée et rapide, s'avère propice à l'écriture de chapitres courts et à la possibilité de naviguer, sans risque d'avoir perdu la trame, d'un passage à l'autre. Et de fait dans les Séditions ce n'est pas l'histoire qui compte mais plutôt l'ambiance, le ton. On notera aussi quelques références clins d'oeil mais compréhensibles seulement des initiés. Ainsi le héros écrit, de son propre aveu, de mauvais romans, sur le net (Permaphrodite, déjà publié en ligne et sur lequel l'auteur facétieux écrit "S'agissant du Permaphrodite de Cortès, chose étrange, je n'arrive pas à décider si l'on est en présence d'une daube ou d'un coup de maître - mais la lecture, courte, en vaut de toute façon le détour !), passe son temps sur le net... et sur le blog des Editions Léo Scheer...On notera, au passage, que pour publier dans la collection M@nuscrits, il faut parler de Marilyn Manson... Condition quasi sine qua non. Que ce chanteur soit un provocateur par excellence, dont le patronyme dédoublé reflète une icone du sexe et un tueur en série, né qui plus est à Canton...dans l'Ohio, ne pouvait pas non plus laisser Mengel indifférent.
Par le sujet ensuite. Pour le monde interlope des services secrets et la fascination des jeux de doubles et de masques qui lui sont propres. Notre héros s'y fond à merveille, vendant ses services à toutes les agences de la planète, au point de ne plus savoir qui il est. Et nous non plus parfois. Il y aurait de la vengeance dans l'air mais finalement notre héros ne se venge que de lui même. Quelques références sont explicites. Celles de Tom Clancy ou de John Le Carré par exemple. Mais contrairement à ces maîtres ès espionnage, le livre ne nous propose pas une histoire, mais plutôt des flashs, des poppers hallucinés qui nous conduisent sous drogue dure de pays en pays, de services très secrets en sévices kré kré méchants. L' écriture est lettrée, même si le propos la veut orale, provocatrice, précise et documentée. On se complait à se téléporter ainsi, dans des hoquets de sang et de foutre, d'Helsinki à Tokyo en passant surtout par la grosse pomme lustrée dans ses moindres recoins. Et quand on est simplement "quelque part" on comprend inconsciemment que c'est le flou même de ce quelque part qui nous donne les clés de l'énigme. Ou peut être pas. Un exercice virtuose de précision où l'on ressent le plaisir jubilatoire de l'écrivain à écrire son roman à tiroirs. On rentre facilement dans ce jeu sans fin, même si, dans un monde réel, le héros finirait au bout de dix pages dans la chape de béton d'un barrage du Huang He, après avoir laissé trois doigts dans la poche d'un yakusa tatoué sur la fesse droite. Ici le héros, malgré tous ses efforts ne meurt pas. Il renaît constamment de lui même dans la douleur.
A suivre ces pentes savamment vaselinées il y avait deux risques. Le risque de l'exercice de style, du beau mot pour lui même, du masque trop chamarré pour ne pas être clinquant, oublieux d'une proposition de substance de synthèse. (Où l'on saura pourquoi Karl Mengel ne peut être que le fils spirituel d'Alois Hiller. Et ce que devient Darla Bruni).Le risque aussi d'être abscons avec tant de strates et de niveaux de lecture que l'on pourrait tomber dans le private joke un peu trop privé. Et si le funambule ne tombe pas de son fil c'est à la verve jubilatoire qui le guide qu'il le doit.
Trichant avec les mots, ce ne sont pas des séditions que Mengel nous propose içi. Car ici point d'incitation à la désobéissance collective mais plutôt le voyage en solitaire d'un héros dopé au yabaa ( la drogue des soldats du Reich) mû par la volonté de repousser les limites hypocrites du monde qui l'entoure dans une ronde auto destructrice. Le héros hésite entre ses pulsions sadiques et sado-masochistes. Avec une petite préférence, pas complètement assumée, pour le coté sadique de la force. Car notre héros est quand même le plus intelligent et le premier de la classe. Mais comme un enfant bridé par un père trop parfait, il va tester toujours plus loin les limites du jeu de pistes qui l'entoure.
J'ai aimé monsieur Mengel. Ou devrais je dire monsieur Hiller ?
Plutôt que "Séditions" on aurait pu intituler cet ouvrage "Qui est, tue ? ". Pulitzer quand tu nous tiens !
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